Le Tribunal du travail de Bamako a une nouvelle fois reporté le délibéré de l’affaire opposant la Direction nationale de l’Enseignement catholique du Mali au Syndicat national des travailleurs de l’Enseignement privé catholique (SYNTEC). Fixé au 28 septembre prochain, ce huitième renvoi consécutif suscite l’exaspération du syndicat et fait peser une lourde hypothèque sur la rentrée scolaire 2026-2027.
L’amertume et le ras-le-bol se lisaient sur les visages des responsables syndicaux au sortir de la salle d’audience, ce lundi 7 septembre. Alors que les travailleurs de l’enseignement privé catholique espéraient voir le bout du tunnel judiciaire, le juge prud’homal a renvoyé la décision au 28 septembre 2026. Il s’agit du huitième report successif d’un dossier qui s’éternise sur les bureaux de la justice malienne, instaurant un climat d’incertitude inédit dans ce secteur éducatif clé.
Pour le SYNTEC, la mesure est pleine. Le syndicat n’a pas tardé à exprimer son vif mécontentement face à ce qu’il qualifie de lenteur procédurale injustifiée. Selon plusieurs responsables du bureau syndical, ces atermoiements répétés fragilisent davantage la situation sociale déjà précaire de centaines d’enseignants et de personnels administratifs du réseau.
« Nous dénonçons une inertie judiciaire qui s’apparente à une stratégie d’épuisement des travailleurs. On ne peut pas maintenir tout un secteur stratégique de l’éducation dans une telle précarité, à quelques jours seulement du retour des élèves dans les classes », a martelé un membre du syndicat à la sortie du tribunal.
Le calendrier choisi par le tribunal ne pouvait guère être plus critique. En renvoyant son verdict au 28 septembre, la justice place l’issue du litige à quelques jours seulement du démarrage officiel de la nouvelle année scolaire.
Le conflit, né d’un différend profond sur les conditions de travail, les arriérés de droits salariaux et la gestion administrative post-conventionnelle entre la direction et le personnel, menace aujourd’hui directement la sérénité des établissements catholiques du pays. Une décision tardive ou défavorable risquerait de déboucher sur un mot d’ordre de grève ou une paralysie des cours dès les premiers jours d’octobre.
Face à l’urgence, le SYNTEC interpelle directement les plus hautes autorités compétentes, au premier rang desquelles le ministère de la Justice et celui de l’Éducation nationale, afin qu’une médiation institutionnelle ou un traitement rapide du dossier permette de débloquer la situation.
Les yeux restent désormais rivés vers l’audience du 28 septembre. Pour les familles, les élèves et les enseignants, ce neuvième rendez-vous avec le tribunal aura tout d’un test décisif pour l’avenir de l’école catholique au Mali.
Par Abdoulaye Ouattara