Le nouveau Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Sahel, Nicola Pontara, a été reçu ce mardi 8 septembre 2026 à la Primature par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Au-delà d’une simple visite de courtoisie, cette rencontre a permis de rappeler les attentes des autorités maliennes vis-à-vis des partenaires au développement : accélérer la mise en œuvre des projets et inscrire les interventions de la Banque mondiale dans les priorités nationales définies par la « Vision Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛ Ɲɛ San 2063 » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD).
Au nom du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a reçu une délégation de la Banque mondiale conduite par son nouveau Directeur des opérations pour le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, Nicola Pontara.
Nouvellement nommé à ce poste, Nicola Pontara a effectué cette visite auprès du Chef du gouvernement afin de recueillir les orientations des autorités maliennes en matière de coopération au développement. Une démarche qui intervient dans un contexte où le Mali entend davantage orienter les partenariats internationaux vers des résultats concrets et directement perceptibles par les populations.
La rencontre a ainsi été l’occasion de poser les bases d’un dialogue renforcé entre les deux parties, avec un accent particulier sur l’efficacité des projets et leur capacité à répondre aux besoins prioritaires du pays.
Pour les autorités de la Transition, la coopération au développement ne saurait se limiter à la mobilisation de financements. Elle doit surtout contribuer à la transformation structurelle de l’économie, à l’amélioration des conditions de vie et au renforcement de la résilience des populations.
Au cours des échanges, le Directeur des opérations de la Banque mondiale a fait ressortir les domaines dans lesquels les orientations de l’institution financière internationale rejoignent les ambitions du Mali.
Le développement du capital humain figure parmi ces priorités. Il s’agit notamment de renforcer les capacités des populations, d’améliorer l’accès aux services sociaux essentiels et de créer les conditions permettant aux jeunes générations de mieux contribuer au développement économique et social du pays.
L’énergie constitue également un secteur stratégique. L’accès à une énergie fiable, disponible et de qualité demeure indispensable à la croissance économique, au développement industriel et à l’amélioration des services publics. Pour le Mali, l’enjeu est à la fois économique et social, tant l’accès à l’électricité conditionne aujourd’hui une grande partie des activités productives.
La performance de l’agriculture a également été évoquée. Dans un pays où une importante partie de la population dépend directement ou indirectement du secteur agricole, l’amélioration de la productivité, la modernisation des filières et le renforcement de la résilience du monde rural restent essentiels pour assurer la sécurité alimentaire et créer davantage de richesses et d’emplois.
Ces différents axes témoignent d’une convergence de vues entre les priorités affichées par la Banque mondiale et plusieurs orientations retenues par les autorités maliennes.
Le gouvernement veut accélérer l’exécution des projets
Si les convergences sont nombreuses, les autorités de notre pays souhaitent toutefois franchir un nouveau cap dans la mise en œuvre concrète des projets financés ou accompagnés par les partenaires au développement.
Le Premier ministre a rassuré la délégation de la Banque mondiale quant à la disponibilité du Mali à accompagner l’institution dans ses interventions. Mais il a également insisté sur la nécessité d’améliorer l’exécution des projets.
La situation sécuritaire constitue, selon les autorités, l’une des principales difficultés qui affectent la réalisation de certains projets de développement. Les contraintes liées à l’insécurité peuvent en effet compliquer l’accès à certaines zones, ralentir les travaux et affecter le calendrier de mise en œuvre.
Pour autant, ces difficultés ne doivent pas remettre en cause l’objectif fondamental de l’action publique : l’amélioration des conditions de vie des populations.
C’est dans cette perspective que le Chef du gouvernement demeure optimiste quant aux possibilités d’amélioration de la coopération entre le Mali et la Banque mondiale. L’enjeu consiste désormais à accélérer les procédures, à réduire les lenteurs dans l’exécution et à faire en sorte que les investissements produisent des effets tangibles sur le terrain.
« Vision Mali Kura », le cap fixé par les autorités
Le message central porté par le Premier ministre à l’endroit de la Banque mondiale est celui de l’alignement des interventions extérieures sur les orientations nationales.
Abdoulaye Maïga a ainsi plaidé pour une meilleure articulation des actions de la Banque mondiale avec la « Vision Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛ Ɲɛ San 2063 », ainsi qu’avec la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD).
Cette exigence traduit la volonté des autorités de la Transition de disposer d’une politique de développement cohérente, construite autour d’objectifs nationaux clairement définis.
L’idée est de faire converger les différents programmes et financements vers un même objectif : accompagner les priorités du Mali plutôt que multiplier des interventions dispersées. L’alignement souhaité par le gouvernement doit donc permettre de renforcer la cohérence entre les projets, les politiques publiques et les besoins réels des populations.
PAR MODIBO KONÉ